J’appartiens à une génération de filles qui a subi le «tricoté main tricoté cœur» de la pub… dont les mères ont porté des pulls en mohair à la Anne Sinclair dans 7/7, voire ont porté elles-mêmes ces trucs abominables qui, malgré des séjours prolongés au congélateur, provoquaient des allergies plus sûres qu’un nid d’acariens…
J’ai longtemps secrètement espéré que les pulls givrent pour de bon, qu’Anny Blatt fasse faillite, voire que les moutons et autres bestioles produisant de la laine périssent dans une pandémie foudroyante.
Ma mère a dû tricoter l’équivalent de la longueur de la muraille de Chine et investir dans ses pelotes le montant du PNB de Monaco… Et, moi, porter la plus improbable collection de pulls qui soit, avec des essais de couleurs devant lesquels même John Galliano sous acide aurait reculé.

Je me souviens avoir préventivement et hebdomadairement arraché la page «tricot» de ses Elle et rêvé d’autodafés de sa collection de 100 idées, un journal hippie kitsch dans lequel elle avait par exemple trouvé une idée aussi fabuleuse que saugrenue : un ensemble jupe & haut dans des torchons de cuisine… oui, oui. Que j’ai porté. Oui, oui. En revanche, la jupe confectionnée à base de cravates cousues bord à bord – ça c’était sympa – n’a jamais vu le jour… Veto paternel. Moins pour protéger le look de sa fille que sa collec’ de british ties…
On conçoit que je n’ai que très peu développé mon côté manuel, que pour moi un chas c’est soit un shah d’Iran soit un chat européen (surtout pas angora, ça me rappelle Anny Blatt), que j’aime que les aiguilles restent dans les bottes de foin et les fils dans leurs écheveaux. Sinon je monte sur les miens. Et ils sont grands.
Pourtant, ce n’est pas si simple. Génétique et filiation sont des sciences improbables.
J’ai commencé assez jeune une grande carrière de styliste. Avec mes barbies. Comme Picasso, j’ai eu mes périodes. Une période scotch et une période agrafeuse, pour tout dire.
J’ai commencé par le scotch et connu ma révolution copernicienne avec l’agrafeuse, vers 7-8 ans.
Le scotch, c’est génial, faut juste éviter de retourner les fringues et de déshabiller trop rapidement la poupée. L’agrafe, c’est plus solide, mais tout élément de garde-robe, même un chemisier Liberty col Claudine, a tendance à flirter avec le look punk. Ceci dit, c’est décalé, c’est sympa.
Je dois avouer que mes rapports à la couture ont assez peu évolué. J’ai déjà utilisé des trombones pour réparer en urgence un ourlet qui s’était pris dans le talon d’une botte… On n’a pas idée, aussi, de courir après des tgv à 6 heures du mat’, à cette heure-là les merceries sont aussi fermées que mes yeux, et le mot d’absence « ne pourra pas venir à la fac pour cause d’ourlet défait » me semblait quand même incongru. J’ai une conscience professionnelle (à défaut d’un sens inné de la couture). Et puis j’étais tellement sciée d’avoir non seulement une trousse mais des trombones dans cette trousse, que ça méritait de traverser la France à grande vitesse pour en informer mes collègues.
Le trombone, c’est pas mal, ça abîme moins que l’agrafeuse… mais ça rouille à la machine (j’avais oublié en rentrant à Paris, le tgv-lag, c’est terrible aussi).
Mes critères de choix d’un pantalon correspondent donc à la longueur de mes jambes. J’ai déjà acheté des pantalons auxquels il aurait fallu faire un ourlet, je ne les porte jamais, ou rêve de prendre 15 cm pendant la nuit, ce serait le plus simple. Et je ne supporte pas les jeans dont la surpiqûre orange disparaît ni le look pêche aux moules avec rabats, pourtant à la mode il y a quelques mois… cqfd. Soit la longueur est adéquate, soit je chausse des talons de 15 cm. C’est pas si compliqué, finalement : j’ai des pantalons qui ne vont qu’avec certaines paires de chaussures. Ça rend les séances d’habillage très complexes, j’avoue, et le dressing ingérable… J’ai des chemises qui attendent depuis des lustres qu’un bouton se recouse tout seul. Shame on me.
Je suis pourtant parfois prise d’élans créatifs incontrôlables. J’ai passé les jeux olympiques de Nagano devant la télé, à broder un truc improbable, tout en regardant le patinage, le bobsleigh, le saut à ski, les bosses, la descente, etc. Mes JO du point de croix. C’était totalement décadent, j’ai passé des nuits blanches fabuleuses. En même temps, rien ne me calme mieux que la broderie. Faire de la broderie. Parce que je déteste le truc fini. Donc je jette.
Enfin, j’étais en avance sur mon temps. Ce n’est qu’en 2004 qu’a paru le bouquin The Urban Knitter (“Le tricoteur citadin”) de Lily Chin, créatrice pour les couturiers Ralph Lauren et Vera Wang, qui démontre que, relaxant comme la méditation, le tricot est aussi un moyen d’exprimer son individualité : « Le tricot est un nouveau type de yoga ». Pour ouvrir vos chakras, prenez vos aiguilles…
Un de mes magasins préférés est La Droguerie (additif dès le nom). Je pourrais y passer des heures. Les bocaux de boutons, de perles et les écheveaux de laines sont sublimes. Les créations aussi. Elles sont accrochées aux murs comme des tableaux. C’est aussi intimidant qu’une galerie d’art (d’ailleurs, c’est rue du Jour, à côté de la galerie d’Agnès b). C’est aussi exotique que de se retrouver seule à l’étranger sans parler la langue des autochtones. J’adore.
Je suis donc une bobo contrariée. Je veux bien faire mon marché à la Grande Epicerie mais je zappe les ateliers « tricot-crochet » du même. Je serais incapable de customiser mon panier en osier. Un comble.
Je me suis surprise récemment à acheter Marie-Claire Idées pour meubler un voyage en tgv. Et j’ai claqué, la semaine suivante, plus de 100 euros dans une boutique « Perles et création », à Aix-en-Provence. Devant une nana médusée. J’ai cru qu’elle avait repéré à la forme de mes mains que j’étais plus douée pour le piano que pour la confection de bracelets girly. Non, c’était juste une de mes anciennes étudiantes. Elle devait assister à mon cours le jour des trombones…
Et pour les nostalgiques du magazine 100 Idées, un blog de centidéaliste, avec les couvertures des anciens numéros, des modèles et patrons devenus totalement vintage…




Ton article est génial !! Merci pour ce grand moment de rigolade , je suis à l’initiative du blog “les centidéalistes ” …pas nostalgique du tout juste pour provoquer tous ceux qui croient avoir inventer des trucs “nouveaux ” alors qu’ils existaient déjà ! tu nous ferais pas un article du même type pour le blog ? du genre : “mes souvenirs douloureux de 100 idées ” ?? :-)))))))))))))))))
Merci ;)) Le pire, c’est que j’ai une vraie tendresse pour 100Idées ancienne formule, rapport aux élans créatifs de ma maman, donc, aux drames de devoir porter ce qu’elle avait réalisé (pas toujours, elle a aussi fait des choses sublimes, j’ai forcé le trait dans le billet). En revanche, non, pas de nouveau billet sur le sujet à l’horizon, gros manque de temps, je suis très prise par ailleurs. Et merci encore. Et bravo pour les centidéalistes, c’est une très, très belle idée.
J’avais bien compris ton ” forçage de trait ” (c’est aussi dans mon style ) ! j’ai fait lire ton article à mes comparses du blog qui se sont éclatées …
sauf Françoise (son blog :” pourquoi tant de laine” ) qui a culpabilisé
extrait : ” J’ai bien ri aussi, et pourtant….je me sens coupable d’avoir fait porter à ma fille des trucs improbables, à tel point qu’un de ses condisciples qui l’a retrouvée grâce à copains d’avant (ou facebook ?) pour l’identifier avec certitude, lui a demandé : “c’est toi l’Emeline qui portait des pulls avec des paysages ?”
:-))))))))))))
Puis je puiser des extraits de ton article pour les mettre sur le blog, en citant ton nom et en mettant le lien vers ici ?? Je suis sure que ça va faire un tabac ..
Aucun souci, au contraire, tu peux même le mettre in extenso avec le lien ;)
oki merci je sens qu’on va bien rire !!
je ne peux que me joindre au moment de rigolade général .. avec beaucoup de tendresse .. et de nostalgie, je dois l’avouer ..
fille de tricoteuse qui nous a offert des pulls pour petits et grands .. pas importables .. elle s’appliquait
tricoteuse et touche à tout, j’avoue des choses . surprenantes ..? .. même mes petites filles et petite nièce (voire des enfants moins proches et adultes ) subissent mes envies de production “originale”
heureusement pour eux tous, je travaille encore et ne dispose pas du temps nécessaire pour les envahir totalement
un grand merci pour ce texte écrit avec talent
C’est tout comme moi!! et aujourd’jui j’ai un grenier plein de tissus, fils,perles et tout le reste, je reviens des US où j’ai fait le plein de tissus et bbabioles et de pulls Ralph Lauren ( des vrais, pas tricotés par moi) .Comme quoi c’est bien vrai il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’idéee, conclusion: nous ne sommes pas des imbéciles, ouf, sauvées!
en effet!!! je viens du blog des centidealistes…… et j’étais lectrice et réalisatrice des oeuvres avec mes copines de l’époque!! on attendait avec impatience la sortie du nouveau 100 idées.
mon fils a eu droit au couffin en carton fabriqué avec amour lors de ma grossesse…..
et les pulls….. !!! et les chemises qu’on faisait pour nos hommes….!!!
aujourd’hui j’ai 2 petits enfants, mais mon fils me dit: montre nous avant ce que tu veux tricoter ou faire……(pffff une salopette et cardigan adorables….. jugés trop “baba cool” par les parents de ma petite progéniture……)
j’ai bien ri de cet article qui pourrait bien avoir été écrit par mon fils!!!! hihihihihihih
merci!!!
Epoux d’une centidéaliste forcenée dès les origines j’ai moi aussi été le mannequin malgré moi (et nos enfants avec) d’expériences de laboratoire; cependant je ne m’en suis jamais mal porté ni gratté, la laine ayant été toujours choisie avec justesse en sympathie avec la délicatesse de ma peau ! !
Le seul souvenir que je tiens à confesser est celui d’un pull over en énorme laine vierge, beige clair, ras du cou et fermé sur l’épaule par une torsade de laine, seul élément de construction que j’ai su réaliser avec Martine ( c’est son prénom).
Ce pull (dit marin) qui faisait la page de couverture à l’époque était célèbre pour les adeptes de cette nouvelle drogue mensuelle et lorsque je portais cette oeuvre d’art dans les rues de Paris, j’étais “reconnu”. J’avais l’impression d’être célèbre mais personne ne me prenait pour un vrai marin. Je n’ai plus ce tricot qui n’a pas supporté l’eau trop chaude d’une lessive; sinon je le ressortirais ( 35 ans après) pour partager un moment de nostalgie avec vous. Bravo pour votre humour et les souvenirs tendres que vous nous avez partagé. Philippe.
Bravo pour cet article ! j’adore ce genre d’humour ! moi je suis de la génération qui a acheté 100idées, ne ratant aucune parution, les collectionnant…mon fils a eu droit à quelques pulls-paysages , mais il était vraiment très très jeune , (donc çà passait bien.).. déjà tricotés avec des laines de la Droguerie … et en bonne addict.. j’en ai retricoté deux pour mes petits fils…encore tous petits eux aussi… donc je ne pense pas qu’il y aura de dommages irréversibles………
J’envoie mes copines lire cet article, c’est trop bien !!!… et un grand éclat de rire un samedi matin ce n’est que du bonheur !.. merci !
quelle jolie écriture, j’adore le style qui m’a fait bien rire…
j’ai tout vécu, les “ça gratte”, et plus tard et encore maintenant, les achats compulsifs qui ne mènent à rien, because procrastination …
amx
Bonjour
Je suis aussi de la génération qui achetait 100 idées. Je l’achetais pour moi, Pour montrer à ma mère ce que j’aimerais porter et qu’elle arrête de tricoter les modèles de je ne sais plus quel “mode des jardins et des travaux” que je trouvais importables et innommables (improbables aussi, mais le mot n’avait pas encore ce sens là)….. Tempus fugit, les filles, la Seine s’enfuit sous tous les ponts, les problèmes demeurent d’une génération à l’autre.
J’ai plus de chance que certaines, je vois, parce que ma fille à moi (trentenaire, cadre sup et mère de famille, dont bien vieille et bien rangée) me demande de ressortir mes “vieux 100 idées” pour me commander “des trucs” à coudre. Et elle m’a fait promettre que je mettrai toute ma collec de 100ID à son nom, dans mon testament (zut, je ne l’ai pas encore fait! si jamais je meurs en oubliant, je me faire salement engu..ler!)!
bye
hi hi … je savais que ça nous ferait bien rire ..
moi c’est plutôt le contraire : mon fils m’a demandé pour son fils de lui refaire le serpent http://les-centidealistes.over-blog.com/article-31236323.html
dont il gardait un souvenir impérissable ..comme quoi !
merci, merci et merci !
en complément au com’ que j’ai laissé sur le blog des centidéalistes…
Merci à tous, vous êtes adorables!
Morte de rire!!!! je suis de la génération 100 idées, je les ai adoré, chouchouter, lus et relus, je ne me suis jamais vraiment lancée, car pour ma famille, j’étais la sportive, pas la douée de ses mains!!! depuis je me suis rattrapée!! et maintenant j’espère devenir bientôt une super mamie qui fera plein d’horreurs, heu pardon de belles choses pour ses petits enfants. les petites, tailles ça devrait aller, car d’énormes journées de boulot, ça laissent pas beaucoup de temps. A bientôt . Dilou
Trop drôle ! 100 idéaliste forcenée et très jeune (à l’époque !), j’ai bien ri en lisant ton article !!!
Mon blog : http;//100idealiste.blogspot.com ;-)
Merci, merci, merci. Si ce billet vous plaît, tout http://fmr-id.com/category/girly-small-talk/ est fait pour vous. Que des trucs de filles décalés (et certains écrits par mon homme à moi ;).
Merci pour cette belle page de rigolade ! Ca fiat du bien !…
Ma mère nous a beaucoup tricoté de pull, et réalisé pas mal de vêtements quand nous étions petites ma soeur et moi… Aujourd’hui, elle n’est plus, mais ses pulls sont toujours là, et nous sommes fières de les porter… Parfois, à l’époque, nous étions regardées un peu bizarrement, à cause de la couleur, de la forme, du style… Mais aujourd’hui, une bonne majorité d’entre eux ont leur place dans la mode !!!…
Pour ma part, je ne suis pas trop douée en tricot… Le dernier pull que j’ai commencé remonte à 7 ans 1/2, petit cadeau que je voulais faire pour la Saint Valentin de mon mari… Mais il me reste encore la moitié des manches à finir… Je l’ai retrouvé il y a peu, sur le grenier… En fait, n’étant pas douée, et surtout limitée dans les points que je sais réaliser (mais je suis certaine que si je prenais le temps d’apprendre…), à l’époque, j’avais choisi de jouer sur le style de la laine… Quand je la revois aujourd’hui, je comprends que mon mari n’ai pas réclamé son pull… Enfin… Même si je veux le finir, maintenant, il ne rentrerait plus dedans…
Par contre, je veux bien vous faire des écharpes !… Au moins, là, c’est pas compliqué, et ça détend bien, le soir à la TV…
Aujourd’hui, ma passion c’est la couture… Elle était restée longtemps enfouie en moi et surtout je ne faisais que pour moi, jusqu’au jour où on est venu frapper à ma porte pour me demander de l’aide à la confection de costumes… Aujourd’hui, je suis installée comme couturière… Alors que plus jeune, il n’aurait pas été question d’envisager de faire ce métier… Enfin tout ça pour dire que oui, on fini toujours par changer d’avis et par évoluer, à son rythme certes, mais quand même… Comme vous, je suis passée de “ça tiendra bien avec des bouts de ficelle” à “maintenant je le fais pour les autres !”…
Bon WE et au plaisir…
Sévérine (http://ideacoudre.over-blog.com)
Wow ! Moi j’avoue que les costumes pour les spectacles de danse de ma fille, je préfère que ce soit ma belle-mère qui s’en charge… ;)
Superbe article, je suis comme ta mère et ma fille comme toi, au moins en ce qui concerne le tricot et les pulls “duveteux” encore que je ne sois pas tellement style Anny Blat, pas du tout même … Merci pour cette tranche de rire (je fais un lien sur mon blog) et bon dimanche !
moi je suis une inconditionelle du fait main !! je garde les boutons et les morceaux de laine, et j ‘ai une collection de tissu car je fais du patchwork.Mais j ‘ai une sainte horreur de coudre un bouton et de faire un ourlet ! beurk !mes pulls ont passés des nuit et des jours dans le bac a legumes , et moi j ‘ai eu des rhumes car trop froid en les mettant!!
enfin votre article m ‘a fais rire , j’adoreai voir une photo avec l ‘ensemble en torchon!!
bon dimanche.
“J’adorerais voir une photo avec l’ensemble en torchon”… De manière très explicable, je n’ai pas souhaité que l’oeuvre soit immortalisée ;) Plaisanterie à part, non, je n’ai pas de photo.
je suis un peu de la même époque, nous avions nos propres moutons dont nous faisions filer la laine, et maman nous tricotait chemisettes, pull écharpes chaussettes et bonnets….nous avons même fait des tapis au point noué des soirées entières… je n’aime pas tricoter, je crochète mais le coton uniquement!! et je fixe mes broderies sur des boîtes de ma fabrication!!
merci pour ce bon moment de souvenir et de rigolade!!
C’est mon adolescence qui a été bercée par la parution des 100 idées. Je choisissais et réalisais moi-même les ouvrages “improbables”: la besace en serpillère ou la cape taillée dans une couverture militaire……. J’ai aussi tricoté quelques “perles”!
Maman a eu la géniale idée de conserver les revues et je ne me lasse pas maintenant de les re-feuilleter!
Un grand merci pour votre article si drôle et si tendre à la fois!
j’adore ! d’autant que j’ai porté le chemisier en torchon de cuisine ! et le pull nuancier, et la combi-salopette indispensable !
évidemment, La Droguerie était mon musée du Louvre
Je pense avoir conservé toute la collection de 100 idées, et j’adore me promener sur le blog et retrouver ces couvertures mythiques des années “tricoté main, tricoté coeur “, la couv 100 idées est un peu ma madeleine de Proust !
Bravo pour ton article, c’est très bien vu !
et pourtant, j’étais très fière de porter ce que j’avais fait moi-même, et les commandes des copines étaient fréquentes !!!