Retour à la photographie en ce début de week-end. Continuons dans le K, en le déplaçant un peu : Robert Frank, aujourd’hui.

Pour, une nouvelle fois, sa vision des USA : "Mars 1947, j’arrive à New York. Une nouvelle vie commence. Je pensais : J’ai de la chance."

Pour la parution d’Americans (1958), préfacé par Jack Kerouac :
"That crazy feeling in America when the sun is hot on the streets and music comes out of the jukebox or from a nearby funeral, that’s what Robert Frank has captured in the tremendous photographs taken as he traveled on the road around practically forty-eight states in an old used car (on Guggenhiem Fellowship) and with the agility, mystery, genuis, sadness, and strange secrecy of a shadow photographed scenes that have never been seen before on film".



Dans son autobiographie, Robert Frank évoque cette période :
« 1955. Je traverse les États. Pendant un an. 500 rouleaux de film. Je vais dans les bureaux de poste, les Woolworths, les magasins à 10 cents, les gares routières. Je dors dans des petits hôtels pas chers. Vers 7 heures du matin, je vais au bar du coin. Je travaille tout le temps. Je parle peu. J’essaye de ne pas être vu.
Un jour dans l’Arkansas, les flics m’arrêtent :
Qu’est-ce que vous faites là ?
Je suis un boursier Guggenheim.
C’est qui, Guggenheim ? …
J’ai passé trois jours en prison. L’angoisse.»
Pour son livre sur la route 66, Cruising the American Dream

Pour son ironie noire et la tendresse qu’elle laisse cependant transparaître. Pour sa colère permanente contre « le monde comme il va ».
Pour sa casquette de base-ball systématiquement vissée sur sa tête…
Pour ses crash et le choc quand j’ai croisé ça au détour d’une expo :

Parce qu’il a abandonné la photo au moment où il devenait célèbre, fidèle en cela à l’esprit d’insubordination, de liberté et de déséquilibre de sa (beat) génération, pour n’y revenir que dans les années 70. Et devenir entre deux un cinéaste culte, alors qu’il cherchait « simplement » à faire oublier qu’il était photographe.
Pour ses home movies hallucinants ou Pull my daisy (1959) où Delphine Seyrig, dans son premier film, côtoie Allen Ginsberg.

Pour Cocksucker Blues, documentaire sur les Pierres qui roulent, filmé pendant la tournée des Stones en 1972… interdit par le groupe avant qu’un compromis totalement loufoque ne soit trouvé : le film pourrait être présenté, une fois par an, dans un endroit choisi par Robert Frank… Avec ses scènes d’anthologie (sexe, défonce et surtout ennui dans les chambres d’hôtel), plus souvent racontées que vues même si des copies piratées circulent sur le net.

(Jagger/Richards)
Well, I’m a lonesome schoolboy
And I just came into town
Yeah, I’m a lonesome schoolboy
And I just came into town
Well, I heard so much about London
I decided to check it outWell, I wait in Leicester Square
With a come-hither look in my eye
Yeah, I’m leaning on Nelsons Column
But all I do is talk to the lionsOh where can I get my cock sucked?
Where can I get my ass fucked?
I may have no money,
But I know where to put it every timeWell, I asked a young policeman
If he’d only lock me up for the night
Well, I’ve had pigs in the farmyard,
Some of them, some of them, they’re alright
Well, he fucked me with his truncheon
And his helmet was way too tightOh where can I get my cock sucked?
Where can I get my ass fucked?
I ain’t got no money,
But I know where to put it every timeI’m a lonesome schoolboy in your town
I’m a lonesome schoolboy


