No blog last night

K’s choice

In Books, New York, Pictures on 4 décembre 2010 at 10:30

Retour à la photographie en ce début de week-end. Continuons dans le K, en le déplaçant un peu : Robert Frank, aujourd’hui.

Pour son travail entre l’autobiographie et l’autofiction à la manière des instantanés familiaux de Jacques-Henri Lartigue ou des Carnets d’Edward Weston. Pourtant Robert Frank ne se photographie pas tant que ça. Mais toutes ses photos tracent son portrait en creux. Comme toute oeuvre, me rétorquerez-vous. Certes.
Le projet, longtemps souterrain, prend forme en 1972 avec la première édition de In lines of my hands (Dans les lignes de ma main). « When I selected the pictures and put them together I knew and I felt that I had come to the end of a chapter. And in it was the beginning of something new. » Une blessure béante avec The Present, en 1996 où il expose la folie et la mort de son fils Pablo, la mort accidentelle de sa fille, Andrea, dans un accident d’avion au Pérou (1974).

Pour, une nouvelle fois, sa vision des USA : « Mars 1947, j’arrive à New York. Une nouvelle vie commence. Je pensais : J’ai de la chance. »

Pour la parution d’Americans (1958), préfacé par Jack Kerouac :

« That crazy feeling in America when the sun is hot on the streets and music comes out of the jukebox or from a nearby funeral, that’s what Robert Frank has captured in the tremendous photographs taken as he traveled on the road around practically forty-eight states in an old used car (on Guggenhiem Fellowship) and with the agility, mystery, genuis, sadness, and strange secrecy of a shadow photographed scenes that have never been seen before on film ».

Dans son autobiographie, Robert Frank évoque cette période :

« 1955. Je traverse les États. Pendant un an. 500 rouleaux de film. Je vais dans les bureaux de poste, les Woolworths, les magasins à 10 cents, les gares routières. Je dors dans des petits hôtels pas chers. Vers 7 heures du matin, je vais au bar du coin. Je travaille tout le temps. Je parle peu. J’essaye de ne pas être vu.
Un jour dans l’Arkansas, les flics m’arrêtent :
Qu’est-ce que vous faites là ?
Je suis un boursier Guggenheim.
C’est qui, Guggenheim ? …
J’ai passé trois jours en prison. L’angoisse.»

Pour son livre sur la route 66, Cruising the American Dream

Pour son ironie noire et la tendresse qu’elle laisse cependant transparaître. Pour sa colère permanente contre « le monde comme il va ».

Pour sa casquette de base-ball systématiquement vissée sur sa tête…

Pour ses crash et le choc quand j’ai croisé ça au détour d’une expo :

Parce qu’il a abandonné la photo au moment où il devenait célèbre, fidèle en cela à l’esprit d’insubordination, de liberté et de déséquilibre de sa (beat) génération, pour n’y revenir que dans les années 70. Et devenir entre deux un cinéaste culte, alors qu’il cherchait « simplement » à faire oublier qu’il était photographe.

Pour ses home movies hallucinants ou Pull my daisy (1959) où Delphine Seyrig, dans son premier film, côtoie Allen Ginsberg.

Pour Cocksucker Blues, documentaire sur les Pierres qui roulent, filmé pendant la tournée des Stones en 1972… interdit par le groupe avant qu’un compromis totalement loufoque ne soit trouvé : le film pourrait être présenté, une fois par an, dans un endroit choisi par Robert Frank… Avec ses scènes d’anthologie (sexe, défonce et surtout ennui dans les chambres d’hôtel), plus souvent racontées que vues même si des copies piratées circulent sur le net.

(la suite sur youtube, par exemple)
Cocksucker Blues :
(Jagger/Richards)
 

Well, I’m a lonesome schoolboy
And I just came into town
Yeah, I’m a lonesome schoolboy
And I just came into town
Well, I heard so much about London
I decided to check it out

Well, I wait in Leicester Square
With a come-hither look in my eye
Yeah, I’m leaning on Nelsons Column
But all I do is talk to the lions

Oh where can I get my cock sucked?
Where can I get my ass fucked?
I may have no money,
But I know where to put it every time

Well, I asked a young policeman
If he’d only lock me up for the night
Well, I’ve had pigs in the farmyard,
Some of them, some of them, they’re alright
Well, he fucked me with his truncheon
And his helmet was way too tight

Oh where can I get my cock sucked?
Where can I get my ass fucked?
I ain’t got no money,
But I know where to put it every time

I’m a lonesome schoolboy in your town
I’m a lonesome schoolboy

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