Poursuite de notre itinéraire dans l’univers de la photographie contemporaine avec L’Insensé Photo.
Après les USA, Berlin & la French Touch, départ aujourd’hui pour la Grande-Bretagne avec le numéro 8 de la revue, la dernière en date (2010) : British Photographers.
My good Lord, no doubt ! Good Morning, England !
Il suffirait pour s’en convaincre, sans même jeter un oeil sur le titre de ce numéro aussi insensé et fabuleux que les précédents, de regarder la couleur choisie pour la typo – un violet-pink, so british – ou la photographie de couverture, due à Chris Levine : la dear queen couronnée, en hermine & collier de perles. Qui me rappelle la couverture de La Reine des lectrices d’Alan Bennett (Denoël ou Folio), Books save the queen ?
Her Majesty. Yeux clos.
Les ferme-t-elle pour ne surtout rien voir des photographies intérieures, de l’état de son Empire ainsi mis à nu ? Est-ce déjà la reine dead, embaumée ? Dès la première photographie, les interprétations se bousculent, jouent de leur pluriel, ouvrent à un in-sensé, qui se déploie dans le numéro.
(En manière de parenthèse, et pas forcément de digression, deux liens sur Mediapart, en rapport avec cet univers british, le blog de Jean-Louis Legalery et celui de Robert McLiam Wilson, un des plus grands écrivains contemporains, pour leurs pastilles délicates et mentholées, ou plus vinegar and salt, délicieusement décalées).
Comme pour les autres numéros de L’Insensé, il est impossible de rendre justice à celui-ci, alors nous avons fait nos choix, passant sous silence châteaux et chasses à courre, photographies de l’aristocratie dans ses terres & hippodromes, images d’une pauvreté terrible et de tensions entre communautés. Ce billet ne donne qu’un aperçu partial d’une photographie britannique contemporaine parce qu’elle est sociale, politique, formellement novatrice. Sublime.
6 arrêts sur images :
Un numéro sous le signe du nonsense et de ce délicat décalage, de ce jeu des degrés qui fondent l’humour anglais.
Sous le signe d’un regard critique sur la société, ceux qui la dirigent.
Sous le signe d’une mise en abyme, souvent caustique, de l’Union Jack.
Sous le signe de la couleur, avec, parfois, l’irruption du N&B :

Michael Kenna, Tree Portrait, study 5, Wakoto, Japon, 2005 & Fifty Fences, Taisetsu, Hokkaido, Japon, 2004
Sous le signe de l’insularité, des côtes :
Et sous le signe, insensé, de la girafe…

Karen Knorr, The Grand Monkey Room 3, Musée Condé, Chantilly, 2004-2007 (et girafe malgache personnelle)


















Extraordinairement décapantes ces photos !